Evaluations pour les grandes sections de maternelle : non à une politique de fichage précoce des enfants.
Le Ministre de l’Education nationale se prépare à imposer aux équipes pédagogiques des écoles maternelles un dispositif national d’évaluation pour les élèves de grande section.
Le calendrier est d’ores et déjà fixé : en novembre les élèves seront testés par les enseignants selon un protocole précis (motricité, maîtrise du langage, comportements), relevant normalement des médecins scolaires.
Les parents seront ensuite informés de la catégorie dans laquelle leur enfant est placé avant que leur enfant suive une succession de séances d’entraînement pré-formatées : l’exact contraire de ce qui devrait être fait en matière de traitement de la difficulté scolaire. Enfin, en mai et juin, plusieurs épreuves collectives et individuelles d’évaluation seront conduites pour mesurer les performances dans un cadre inhabituel et stressant tout à fait inadapté.
Présentée comme outil de prévention et de lutte contre les difficultés scolaires, cette mesure est inacceptable. Inacceptable parce qu’elle demande aux enseignants de ficher les enfants de grande section. Avant même leur entrée à l’école primaire, certains seraient ainsi classés comme étant « à risque », voire « à haut risque ». Ce marquage « à risque » ou à « haut risque » serait communiqué aux parents.
Il n’est pas concevable de mettre en œuvre une politique de repérage des difficultés scolaires sans se donner les moyens de les prévenir ou d’y remédier. Or , les enseignants n’ont plus les moyens d’assurer sur le terrain, au quotidien, un accompagnement individuel adapté.
En effet, les 16 000 suppressions de postes prévues à la rentrée 2011, portant à plus de 80 000 le nombre de postes supprimées depuis 2007, les 3000 suppressions de postes de RASED encore annoncées pour l’an prochain, la suppression de la formation des enseignants, la remise en cause de la scolarisation des enfants de moins de trois ans viennent confirmer, s’il en était besoin, que ce gouvernement donne la priorité au démantèlement de l’Ecole publique, sacrifiant ainsi le droit à la réussite de chaque enfant dès son plus jeune âge.
Cette nouvelle mesure de « tri » des enfants de l’école maternelle ne rend que plus urgent la mise en œuvre du pacte éducatif proposé par François HOLLANDE qui place notamment l’école maternelle au cœur de son projet pour une réelle démocratisation de la réussite.





