Le 17 octobre 2009 se tenait à Périgueux, ville conquise par Michel Moyrand sur Xavier Darcos, lors des dernières élections Municipales, une nouvelle réunion nationale de l’Association « Répondre à gauche », groupe de réflexion organisé autour de François Hollande et dirigée par Stéphane Le Foll.
Cette réunion, inscrite dans la poursuite de la démarche initiée en juin dernier à Lorient, avait pour but de lancer une réflexion et un débat sur la réforme fiscale dont la France a besoin.
Cette question est devenue l’un des points de clivage majeur entre la gauche et la droite aujourd’hui et sera le thème sur lequel se fera la confrontation en 2012. Le système fiscal français est en effet devenu d’une grande opacité mais surtout d’une grande injustice ; La politique de Nicolas Sarkozy est à l’origine non seulement du creusement du déficit actuel du budget de l’État (140 milliards d’euros, un déficit inédit en temps de paix dans l’histoire de la République !) mais également de l’aggravation sans précédent des inégalités.
Au-delà de la pertinence du diagnostic porté sur la politique fiscale du gouvernement (Bouclier fiscal, réduction à peau de chagrin de toute forme de fiscalité progressive au profit de la prolifération de taxes diverses, cadeaux clientélistes comme la baisse de la TVA sur la restauration, aussi coûteuse qu’inefficace sur le plan économique et social, opacité recherchée par l’existence de plus de 450 niches fiscales, etc…), la réunion avait pour objet de déterminer les pistes de réformes d’un système devenu aussi aberrant qu’injuste, afin de proposer un véritable pacte redistributif aux Français en 2012.
L’impôt ne doit plus faire l’objet d’une surenchère politicienne : « J’ai été élu pour baisser les impôts », nous rappelle, tous les jours le Président de la République, dans une fuite en avant aussi catastrophique qu’irresponsable, formule par ailleurs dénuée de vérité, puisqu’en réalité , elle n’a de réalité que pour Français les plus favorisés.
La recherche d’un impôt juste avait bien été au cœur des préoccupations nos ancêtres en 1789, puisque c’est sur cette question qu’avait débuté la Révolution française, en réaction à la levée d’impôts arbitraires et injustes. La Nation s’était constituée sur le principe d’un consentement éclairé aux contributions nécessaires. C’est bien également parce que la fiscalité est au centre de la notion de solidarité des sociétés modernes et progressistes, qu’elle est depuis plus de trente ans devenue le cœur de cible des attaques de l’idéologie néo-libérale de Margaret Thatcher à Nicolas Sarkozy, en passant par Ronald Reagan et l’ensemble de leurs épigones, idéologie qui nous a conduit à la crise que nous connaissons aujourd’hui !
Les débats, conduits par Stéphane Le Foll, ont permis d’apporter des éclairages sur les divers aspects de cette question, en présence d’experts, tels que Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques, Thomas Chalumeau, coordonnateur du pôle « économie et finances » de Terra Nova, mais également d’élus tels que Pierre-Alain Muet ou Michel Sapin ou pour la sensibilité écologique, Marie Hélène Aubert, qui est revenue sur la question de la « taxe Carbone ».
La salle a également abondamment pris la parole. La synthèse des discussions était réalisée par Michel Sapin, alors que la matinée était close par un discours de François Hollande, qui a pu dévoiler les contours de la réforme fiscale qu’il préconise : une fiscalité qui permette la maîtrise du budget dans un contexte d’endettement devenu insupportable, juste et équitable, qui devienne un outil de performance économique et sociale, sans oublier évidemment la dimension écologique.
Les conditions pour y parvenir passent par une nécessaire remise à plat de l’ensemble du système fiscal, qui doit être simplifié, rendu transparent, reposer sur une assiette large qui permette d’établir des taux modérés, progressifs et acceptables.
La fiscalité du patrimoine doit également être revue et une réponse claire doit être apportée au financement des collectivités territoriales, dont l’autonomie financière sera mise à mal par la suppression de la Taxe professionnelle.
La fiscalité est bien au carrefour de l’ensemble des exigences d’une société moderne, performante et juste, raison pour laquelle il convenait de débuter les travaux annoncés à Lorient, par la déclinaison de cette question.
C’était bien une gageure de l’association Répondre à gauche que d’aborder cette question difficile par sa technicité mais également sensible sur le plan électoral. L’objectif semble une fois de plus atteint !
| < Précédent | Suivant > |
|---|







