« Donner plus à ceux qui ont moins » : Une politique d’éducation prioritaire fondée sur l’épanouissement
I. Etat des lieux
Les divers dispositifs d’éducation prioritaire n’ont pas atteint leurs objectifs, en raison notamment de la faiblesse des moyens alloués : les ZEP, par exemple, n’ont pas permis de faire baisser le nombre d’élèves par classe de manière significative (de 27 à 25 seulement).
Le constat est le suivant : la majeure partie de ces enfants et adolescents connaît de gros problèmes familiaux (éclatement de la cellule familiale, explosion des familles monoparentales) qui se superposent à des difficultés d’ordre social, économique, culturel. Le cumul de ces difficultés induit un manque de repères chez ces jeunes rendant de ce fait l’apprentissage particulièrement problématique.
La gauche doit aujourd’hui prendre en compte les difficultés et les espérances des catégories sociales les plus démunies et donner un avenir à sa jeunesse issue de milieux défavorisés.
II. Propositions
Cette nouvelle politique vise à créer un environnement propice à la communication entre enseignants et élèves ; l’école sera un lieu où le travail d’équipe primera, où les professeurs ne seront plus livrés à eux-mêmes, mais accompagnés dans leur mission, avec une formation adaptée; il s’agira en outre de valoriser les talents et la singularité de chaque élève pour que celui-ci développe à son rythme ses potentiels ; enfin, la mixité sociale devra être encouragée.
- Renforcer l’attractivité des établissements d’éducation prioritaire pour les enseignants
- Reconnaître la spécificité et la pénibilité du travail des professeurs qui enseignent dans les établissements difficiles en les compensant par une réduction du temps de travail ou des droits à la retraite.
- Inciter les professeurs expérimentés à venir enseigner dans les établissements d’éducation prioritaire en leur octroyant les droits énumérés ci-dessus et en leur permettant de retrouver leur ancienne affectation s’ils s’engagent à travailler cinq ans dans ces établissements. L’idée est de favoriser l’échange et le partage d’expérience entre professeurs aguerris et professeurs débutants.
- Améliorer la formation et l’accompagnement des enseignants
- Les enseignants doivent bénéficier d’une formation adéquate, axée autant sur la pédagogie que sur la théorie. Ils doivent aussi être aidés dans la gestion de l’hétérogénéité scolaire qui est souvent perçue comme source de difficulté professionnelle.
- Il est anormal de laisser des professeurs esseulés face à une classe difficile, c’est pourquoi, il faut les entourer et encourager le travail d’équipe.
- Les problèmes de communication entre corps enseignant et élèves sont souvent à l’origine de malentendus pouvant déboucher sur de l’agressivité, de la violence. La présence de surveillants dont il faut reconnaître le travail en tant que métier à part entière est nécessaire pour retisser un lien de confiance. La vidéosurveillance, coûteuse et inefficace pour juguler l’insécurité à l’école, a clairement montré ses limites. Il faut donc investir plus largement en moyen humain et avoir ainsi un maximum de personnels encadrants habilités à faire une pédagogie adaptée.
- L’encadrement et l’épanouissement des élèves
- Remettre en cause le système de notation qui enferme l’élève dans l’échec au lieu de l’inciter à progresser. Il faut donc davantage insister sur les progrès accomplis par ce dernier et sur ce qu’il a réussi à faire.
- Mettre en valeur les talents et les compétences de chaque élève pour qu’il développe de l’estime de soi, et soit ainsi encouragé à progresser et à se projeter dans son avenir.
- Lutter contre la ségrégation sociale des établissements scolaires
- Définir des indicateurs de mixité sociale des établissements et accorder des moyens supplémentaires à ceux qui le font progresser.
- Associer l’enseignement privé à une régulation de flux des élèves sous des formes qui pourraient varier selon les contextes locaux.





