Pour un service public de la petite enfance

Pourquoi investir dans la petite enfance ?

- Pour réduire les inégalités sociales et scolaires qui se jouent dès le plus jeune âge, les effets de l’environnement familial étant particulièrement prégnants dans les premières années de l’enfant. La fréquentation de la crèche, en développant les compétences cognitives de l’enfant, sa socialisation et donc son adaptation rapide dans le groupe puis dans la classe, favorise nettement un parcours sans incidents, notamment chez les enfants de milieux populaires qui augmentent leurs chances de mobilité sociale.

- Pour améliorer le travail des femmes qui reste encore fortement impacté par l’arrivée d’un enfant. Investir dans la petite enfance doit permettre à terme d’augmenter le taux d’emploi des femmes ayant un enfant en bas âge et de réduire le recours au travail à temps partiel. Cela représente donc à la fois un élément d’égalité entre hommes et femmes mais également un potentiel économique important pour la croissance et l’équilibre des comptes sociaux. Investir dans la petite enfance dépasse ainsi largement les besoins stricto sensu des familles et relève de l’intérêt général de la société.

- Pour constituer une véritable politique de prévention qui, en tissant un lien de confiance avec les familles en difficulté, institue un précieux espace de dialogue et de soutien à la parentalité.

Quels sont les besoins aujourd’hui ?

- On estime a minima que  400 000 places font défaut. Ce chiffre ne recouvre que les demandes officielles de places en crèche. Or, nombreuses sont les familles qui, faute de structure d’accueil ou parce que l’un des parents est sans emploi, n’en font pas la demande alors même que ce sont ces familles qui en auraient le plus besoin.

- Au déficit quantitatif s’ajoute un déficit qualitatif : investir dans la petite enfance ne signifie pas multiplier tous les modes de garde sans distinction. Le système actuel rejette les familles les plus défavorisées vers des gardes informelles, quand ce n’est pas vers les parents eux-mêmes. Le besoin se situe donc en priorité au niveau des équipements collectifs proposant une offre d’accueil de qualité.

- La réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur des enjeux. Pire, sous couverts de slogans tels que « le libre choix » ou « le droit opposable à la garde d’enfant », le gouvernement aurait même tendance à dégrader la qualité des dispositifs existants en diminuant la proportion des professionnels les plus qualifiés et en détériorant le taux d’encadrement des enfants.

Nos propositions

Au regard des enjeux ainsi posés, il est aujourd’hui essentiel de donner les moyens nécessaires à la mise en place d’un véritable service public de la petite enfance. Celui-ci doit permettre à chacun de bénéficier d’un accueil de qualité indispensable au bon développement de l’enfant.

- Orienter massivement les investissements publics vers la création d’un véritable service public de la petite enfance à travers le développement de structures collectives de qualité accessibles au plus grand nombre (taux d’encadrement d’un adulte pour 5 enfants de moins de 3 ans).

- Créer de l’emploi de qualité en accordant des qualifications et une valorisation des métiers à la hauteur des responsabilités induites par l’accueil des jeunes enfants. Ceci implique le développement de formations destinées aux assistantes maternelles et aux auxiliaires parentales.

- Compte tenu des contraintes financières auxquelles l’Etat sera confronté dans les années à venir, des choix devront être opérés. Nous proposons donc de rééquilibrer l’effort budgétaire en direction des familles à faible revenus en modulant les aides qui bénéficient aux familles les plus aisées: nous proposons de conditionner les réductions d’impôt à la qualité de l’offre de garde (systèmes d’agrément et labellisation sur la base de la formation et du statut du salarié). Il s’agit donc de créer un cercle vertueux favorisant le choix de modes de garde alliant formation de qualité et stabilité de l’emploi (sortir du rapport individuel entre employé et employeur en s’appuyant sur des structures intermédiaires)

Au-delà de l’investissement dans les modes d’accueil, l’investissement dans la petite enfance doit se traduire par l’approfondissement de deux axes supplémentaires :

- La Réforme de l’actuel congé parental : il doit être réduit à une durée d’un an maximum, réparti de façon strictement paritaire entre les parents et mieux rémunérée. L’objectif est double :

- laisser un réel choix aux familles qui le souhaitent de passer plus de temps auprès de l’enfant pendant sa première année, ce mode de garde individualisé permettant de mieux répondre aux besoins du jeune enfant tout en libérant des places en crèche pour les enfants de 1 à 3 ans, période ô combien importante dans leur développement.

- la parité instaurée entre les parents dans la prise de ce congé parental tendrait à favoriser l’égalité femmes/hommes sur le marché du travail et au sein du couple à travers une meilleure répartition des tâches.

 

 

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