Réduire les inégalités dès l’école primaire en concentrant nos efforts en direction des élèves les plus en difficulté

La réduction des inégalités à l’école primaire passe par des politiques ciblées sur les élèves en difficulté. Les propositions évoquées concernent donc en priorité les établissements qui les accueillent. Il faut ainsi en finir avec le saupoudrage et fixer des priorités au profit d’élèves pour qui l’école constitue le seul véritable instrument de promotion sociale.

Améliorer l’apprentissage de la lecture, une priorité nationale

Constat : en matière de maîtrise de la lecture, la France est l’un des pays qui a le plus « plongé » ces dernières années. Entre 2001 et 2006, le groupe des « mauvais lecteurs » a augmenté de 42% contre seulement 13% à l’échelle de l’UE. Plus d’un élève sur 5 âgé de 15 ans ne maîtrise pas la lecture. Si l’on veut inverser cette tendance, l’apprentissage de la lecture nécessite un fort taux d’encadrement et une pédagogie adaptée au travail en petits groupes.

Proposition : renforcer massivement le taux d’encadrement au CP et CE1 en priorité pendant les temps d’apprentissage de la lecture (2h par jour par groupes de 10 élèves maximum). Pour cela, des professeurs spécialisés doivent venir en renfort avec l’accord - indispensable - de l’équipe pédagogique en place.

 

Cibler les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté

Constat : Ces dernières années, les aides aux élèves ont été réduites à du saupoudrage, on compte par exemple un RASED pour 1000 élèves… De plus, on a trop insisté sur une aide strictement psychologique. Ce type d’aide ne peut être efficace qu’à long terme..

Proposition : il faut concentrer les moyens humains sur les établissements dits difficiles en créant des postes d’assistants d’éducation formés pour assurer un suivi social, psychologique et médical des élèves dès qu’ils « décrochent » ou en courent le risque. Ils doivent être le lien indispensable entre les élèves, les familles et le corps enseignant.

 

Rythme scolaire : privilégier l’intérêt de l’enfant

Constat : les temps d’apprentissage ne sont pas adaptés aux besoins de l’enfant. La charge quotidienne est trop lourde, notamment depuis la réforme de la semaine des 4 jours qui est contre-productive, et les vacances d’été, trop longues, constituent un facteur de creusement des inégalités.

Proposition : alléger le rythme scolaire quotidien en revenant à une semaine de 5 jours. Mieux répartir le temps scolaire tout au long de l’année en raccourcissant les congés d’été. Afin de ne pas occasionner des problèmes de garde pour les parents, il conviendra de donner des moyens supplémentaires aux collectivités territoriales pour assurer des activités extrascolaires.

 

Développer l’estime de soi chez l’enfant

Constat : le système de redoublement, s’il n’existe plus officiellement, est encore largement pratiqué. Il est pourtant inefficace, coûteux et dévalorisant pour l’enfant. De même, le système de notation actuelle n’a guère de sens à l’école primaire.

Proposition : interdire les redoublements et substituer à la notation chiffrée des appréciations positives et négatives susceptibles d’aider l’élève à progresser sans porter atteinte l’estime de lui-même. Des pays comme la Finlande ont procédé à ce type de réforme pédagogique avec le succès que l’on sait.

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