Argumentaire : Le nucléaire
La proposition de François Hollande, ramener la part du nucléaire de 75% à 50% d’ici à 2025, ce qui constitue un effort équivalent à ce que les Allemands ont décidé de faire sur la même période, constitue une voie raisonnable et équilibrée entre
-le tout nucléaire de Nicolas Sarkozy, qui obéit au lobby pro-nucléaire,
-et la sortie du nucléaire, irréaliste sur le plan économique.
L’accord passé entre le parti socialiste et EELV reprend cette proposition de François Hollande et acte le désaccord sur Flamanville, François Hollande s’étant prononcé sur la poursuite de cet EPR.
La France compte 58 centrales nucléaires, dont 11 ont plus de 30 ans et 27 entre 25 et 30 ans.
La sécurité des centrales constituera la priorité. Cela impliquera de ne pas prolonger la vie de certaines de ces centrales et de fermer Fessenheim..
Le coût de la proposition de François Hollande a été chiffré à 250MM€ par le CEA et à 124MM€ par l’Institut Montaigne.
Mais, en réalité, le coût de cette réduction de notre production d’électricité nucléaire ne sera pas supérieur à celui de la prolongation de toutes les centrales, les exigences de sécurité ayant été fortement accrues depuis l’accident de Fukushima. L’ISRN a ainsi chiffré à 250MM€ le coût de la prolongation du parc nucléaire d’EDF.
Les chiffres avancés par Henri Proglio d’EDF ou Luc Oursel d’Aréva concernent une sorite totale du nucléaire, ce qui n’est pas la position de François Hollande, ni celle de l’accord conclu avec EELV.
L’industrie nucléaire emploie actuellement 125.000 personnes. Le nombre d’emplois indirects varie entre 75.000 (selon Roussely, ancien président d’EDF) et 285.000 personnes (selon PricewaterhouseCoopers qui a travaillé pour le trio EDF-AREVA-CEA). Le niveau de ces effectifs en devrait pas évoluer, la réduction d’un tiers de la production d’énergie d’origine nucléaire exigeant des travaux importants.
Comme il s’agit aussi de réduire les énergies d’origine fossile, François Hollande propose :
-un grand plan de transition énergétique visant à réduire la consommation d’énergies dans les logements et les transports et à développer els énergies renouvelables (éolienne),
-et l’instauration d’une taxe carbone sur les entreprises, dont le produit sera affecté à la sécurité sociale.
Quant au prix de l’énergie, la vérité oblige à dire que quel que soit le scénario autour de la part du nucléaire, il aura tendance à s’élever en raison du renchérissement des énergies fossiles et de l’ampleur des investissements à engager sur les centrales comme sur les énergies renouvelables. C’est pourquoi, François Hollande propose des mesures de protection des consommateurs avec un tarif de base pour l’essentiel et un tarif progressif pour le confort.





