La persistance des inégalités hommes-femmes en France
L’égalité : une dynamique a mettre en œuvre pour les femmes et le développement économique et social
Après l’acquisition en France de l’essentiel des droits fondamentaux en faveur des femmes après la seconde guerre mondiale, deux domaines demeurent très en retard : la qualité du travail des femmes et sa juste rémunération ; la représentativité des femmes en politique.
Véritable facteur d’inégalités et de précarité sociale et économique, la faiblesse des rémunérations des femmes demeure un enjeu majeur pour l’ensemble de la société française : rappelons, que d’après les récentes statistiques de l’INSEE issues de l’édition 2008 « regard sur la parité », confortées par le récent rapport de la HALDE :
Les femmes représentent 47% de la population active et,
- 83% des emplois à temps partiels
- 59% des emplois aidés ou en CDD
- 80% des salariés payés au dessous du SMIC
- 54% des chômeurs inscrits à l’ANPE
- 57% des chômeurs non indemnisés
Le revenu salarial des femmes est inférieur de 26% à celui des hommes. Pour les seuls salariés à temps complet la disparité salariale s’élève à 23% et atteint même 29% pour les cadres.
Ces différences salariales résultent de quatre facteurs essentiels :
- Une forte catégorisation des emplois en fonction du sexe (les femmes occupent l’essentiel des postes qualifiés de « féminins » : services à la personne, enseignement, activités paramédicales ; dans 14 familles professionnelles répertoriées, le taux de féminisation dépasse 70% alors que 43 de ces catégories comportent plus de 70% d’hommes).
- Une classification professionnelle qui continue à dévaloriser les emplois majoritairement investis par les femmes.
- Les discriminations qui rémunèrent de manière inégale un poste selon qu’il est occupé par un homme ou une femme.
- Des déroulements de carrières souvent pénalisés par la maternité (faible taux de congés parentaux pris par les hommes) et les charges familiales (25 heures par semaines en moyenne pour les femmes contre 12 heures pour les hommes dans le cadre d’un couple ; avec la multiplication des divorces, séparations et familles monoparentales, les femmes ayant dans 80% la garde des enfants, elles doivent souvent seule concilier vie professionnelle et vie familiale). Or la maternité et les charges familiales sont encore trop souvent perçues comme des entraves par les DRH pour faire bénéficier les femmes de progression de carrières identiques à celles des hommes ; Les modes de gardes en France se sont également très insuffisamment développés ces dernières années et demeurent souvent trop onéreux pour les familles les plus fragiles économiquement.
Or, stabiliser la vie professionnelle des Françaises
- C’est stabiliser et améliorer le niveau de vie des ménages vivant en couple, des familles monoparentales, des célibataires, et des enfants.
- Résoudre une part de la problématique de la pauvreté des femmes retraitées, dont l’espérance de vie continue d’être largement supérieure à celle des hommes ( retraites des femmes en moyenne inférieures de 42% à celle des hommes).
Notons qu’une importante législation en faveur de l’égalité professionnelle et salariale a été adoptée dans les années précédentes, dont la loi de 2006 engageant les entreprises à « parvenir à l’égalité salariale dans un délai maximal de cinq ans ». Or son application ne parait pas bénéficier d’une volonté politique active de la part du gouvernement actuel, accordant aux MEDEF « de nombreuses concessions ».
Est-ce à dire que le salaire des femmes et la flexibilité du travail touchant prioritairement les femmes demeure une variable d’ajustement pour les entreprises dans les pratiques libérales actuelles ?
Actuellement trois axes peuvent permettre de réduire ces inégalités :
- une application effective des législations adoptées en faveur de l’égalité salariale, résultant du volontarisme politique
- une réflexion de fond, largement engagée dans de nombreux pays, sur « la revalorisation salariale des emplois qualifiés de féminins » (au Canada par exemple, plus de 400 emplois ont été estimés et ont obtenus de fortes revalorisation de salaires) et sur la diversification des orientations professionnelles des femmes (l’Education a un rôle accru à jouer en terme d’orientation et d’information)
- la mise en place d’une politique active en matière de garde des enfants permettant une meilleure articulation entre vie professionnelle et vie familiale pour les familles ( reprise d’une politique active de création des crèches collectives d’état ; de crèches en entreprises ; études prolongées et encadrées dans l’enseignement primaire et au collège)
L’irréversibilité de l’investissement des femmes au travail est actée dans nos sociétés européennes, tant au niveau des mentalités que par nécessité financière. L’accompagnement de cette évolution historique de la condition féminine, doit trouver une impulsion nouvelle. Longtemps pionnière en matière de progrès social envers les femmes et les familles, la France parait aujourd’hui en perte de vitesse par rapport à d’autres pays européens, notamment nordiques.
A l’identique, et malgré l’adoption de la loi sur la parité en politique, la France demeure en retard dans la représentativité des femmes en politique par rapport à la plupart des pays européens ( de 1,3% de femmes députées en 1958, elles sont 18,5% en 2007 ; de 5 % de femmes sénatrices dans les années 90, elles ne sont que 10%, 10 ans plus tard). A l’exception des partis de gauche réalisant de véritables efforts en faveur de la parité, les partis de droite continuent de peu l’appliquer.
La résolution de ces inégalités hommes femmes ne s’inscrivent plus dans les « seules luttes féministes » mais dans un projet progressiste permettant d’améliorer les conditions de vie de l’ensemble de la population française, hommes et femmes, en couple, divorcés, célibataires ou des familles mono parentale.
Ces problématiques s’inscrivent dans un discours et effort mémorial socialiste et républicain soucieux de réactiver ces politiques de justice sociale pour les adapter aux nouvelles donnes culturelles et démographiques.





