Une autre politique pour l'Europe

L’élection présidentielle de 2012 doit être l’occasion de promouvoir une autre politique pour l’Europe en proposant trois avancées majeures.
D’abord la définition d’une stratégie de redressement des finances publiques des pays de la zone euro. Plutôt que de fixer des objectifs financièrement irréalistes, socialement insupportables et économiquement intenables, il convient d’étaler dans le temps le retour à l’équilibre des finances publiques des Etats les plus endettés, y compris en envisageant de rééchelonner les échéances voire de restructurer les dettes souveraines des pays en difficulté, c’est à dire de faire contribuer le secteur bancaire à la remise en ordre.
Deuxième avancée nécessaire : l’autorisation donnée à l’Union Européenne – au moins dans sa version de zone euro – de pouvoir lever des emprunts. Elle est aujourd’hui la seule entité souveraine à s’interdire de le faire. Ces bons du Trésor permettront de mutualiser une partie des dettes souveraines des Etats membres, d’alléger les charges d’intérêts, d’imposer un rapport de force face aux marchés tout en veillant à l’assainissement budgétaire des Etats membres. En outre, une partie de ces emprunts serait affectée au financement de projets structurels européens en matière de recherche, d’enseignement supérieur, de coopérations industrielles ou d’infrastructures.
Troisième avancée : l’augmentation des ressources de l’Europe. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni se sont mis d’accord sur la pire décision possible pour l’avenir de l’Europe : le gel de son budget d’ici à 2020. C’est à dire l’Union réduite à une PAC révisée et à des fonds structurels limités, au mieux, aux pays de l’Est. Une Europe minimale. Une Europe confondue avec ses gouvernements! C’est une toute orientation qu’il faut prendre : la résolution votée par le Parlement européen visant à lever une taxe sur les transactions financières montre la voie. Cet impôt européen permettra de préparer les dépenses d’avenir, notamment en matière de développement durable, et de porter des projets communs. Ce choix marquera la première étape d'une nouvelle approche pour réguler les marchés financiers. Il permettra d'accroître le budget de l'Union, dont l'indigence est le reflet de l'inexistence : il ne dépasse pas aujourd’hui 1% de son PIB.

Ces avancées passent par un préalable : la restauration de la confiance dans le couple franco-allemand, et donc notamment le rétablissement de notre crédibilité auprès de notre partenaire dans le domaine des finances publiques.

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