Parlons de la France - Verbatim
Chapitre 1
LE REVE FRANÇAIS
LES DEFIS DE LA CRISE
« Premier défi : la crise accélère les mutations. Celle que nous venons de traverser n’est pas mondiale, elle est occidentale. Née aux Etats-Unis à travers les excès du capitalisme financier, elle s’est diffusée à l’ensemble des pays développés, mais a laissé intacts les émergents : la Chine, l’Inde, le Brésil, et beaucoup de pays qui, il y a encore quelques années, étaient regardés avec condescendance comme en voie de développement. Bref le centre du monde s’est décalé, et nous ne sommes plus en son cœur. »
« Les classes populaires sont passées de la lutte des classes à la lutte contre le déclassement. »
LA CRISE DE LA PENSEE SOCIAL-DEMOCRATE
« La pensée de crise traduit souvent la crise de la pensée. Les libéraux sont devenus des régulateurs, les contempteurs du modèle français ses plus zélés adorateurs, les orthodoxes du marché parfait les promoteurs d’un Etat prodigue. »
« C’est l’état d’urgence qui a suscité l’urgence de l’Etat. Quand le capitalisme financier n’a plus d’argent, rien de mieux que d’aller le chercher comme prêteur en dernier ressort. »
LA GAUCHE DOIT GAGNER LA BATAILLE IDEOLOGIQUE
« Aussi, la question fondamentale posée à la gauche est celle de son identité. Il n’y a pas de conquête politique durable, si elle n’est pas précédée d’une victoire dans la bataille des idées. »
LES VALEURS DE LA GAUCHE
« Etre de gauche c’est croire en l’égalité fondamentale entre tous les êtres humains, quelque soit leur origine, leur couleur, leur sexe ou leur statut social. »
LE REVE FRANÇAIS
« C’est l’égalité, pas seulement la justice sociale, mais aussi l’équité intergénérationnelle. C’est l’accomplissement personnel ; c’est bien plus que l’égalité des chances, c’est la chance de l’égalité, l’égalité des capacités, l’égalité des conditions pour réussir sa vie, l’égalité entre les territoires. »
« Voilà ce qu’est le « Rêve français ». C’est une double confiance : dans l’avenir personnel, national, européen, mondial, et dans la démocratie qui doit être plus forte que les marchés, l’argent et les religions. »
LA DEMOCRATIE DE LA REUSSITE
« Ce contrat doit fixer l’objectif : la démocratie de la réussite, c’est-à-dire la possibilité pour chacune et chacun d’accomplir son destin, tout en contribuant au succès de son pays, et donc de réconcilier la promotion individuelle, que nous cherchons pour nous et pour nos enfants, avec le redressement de la Nation, c’est-à-dire le vivre ensemble . »
Chapitre 2
LA JEUNESSE
LES FAIBLESSES DE NOTRE SYSTEME EDUCATIF
« L’école française est finalement trop et trop tôt sélective. Elle est l’une des meilleures du monde pour une moitié des enfants et l’une des plus mauvaises pour l’autre. »
« Je reviendrai sur la célèbre citation de Paul Nizan « Je ne laisserai pas dire que 20 ans est le plus bel âge de la vie ». Et bien, je considère à l’inverse que dans la France que nous voulons, 20 ans doit être le plus bel âge de la vie ! »
Chapitre 3
LA REDISTRIBUTION
FAIRE LE CHOIX DE LA VERITE
« Réussir demain exige au préalable de dire aujourd’hui la vérité. Je suggère de proscrire deux attitudes. La première relève du déni de réalité : « cacher cette dette que je ne saurais voir ». Ce réflexe existe à droite. Celle-ci est soumise à la tentation de l’irresponsabilité et au vertige de l’illusion : croire que, la crise finie, tout redeviendra comme avant. »
« La deuxième attitude, tout aussi condamnable, est le déni de volonté. Puisque tout serait devenu plus complexe, mieux vaudrait rester immobile. »
LA REFORME FISCALE, UN ENJEU MAJEUR DE 2012
« Le débat n’est donc pas de savoir si les impôts vont augmenter ou pas ; la question est de savoir lesquels et qui va les payer ? »
« L’histoire de la République est aussi une histoire fiscale : la Révolution française est née d’une aspiration à l’égalité devant les charges publiques ; les états généraux avaient été convoqués à cette fin ; puis, le programme de Belleville, à la fin du second empire, avec Gambetta et Clémenceau, ouvrait la perspective de l’impôt sur le revenu et il a d’ailleurs fallu plus de 50 ans pour qu’un Ministre des finances, Caillaux, finisse par l’introduire. Enfin, ce fut la bataille pour l’imposition des patrimoines avec, en 1981, la création de l’impôt sur la fortune. Bref, longtemps le progrès fut associé à la justice fiscale. »
UN IMPOT CITOYEN
« Face à ce constat, il faut une nouvelle donne autour du principe suivant : taxer tous les revenus sans distinction d’origine qu’ils proviennent du capital ou du travail, qu’ils soient tirés de l’activité ou des transferts. Tous les revenus doivent être soumis à l’impôt et de la même manière, avec les mêmes hiérarchies de taux. »
Chapitre 4
LA COMPETITIVITE
LE PROGRES ET LA CROISSANCE
« Le progrès ne peut plus être simplement l’accumulation de biens ou même de services ; il doit prendre en compte le bien-être et la promotion personnelle. Il appréhende la santé, comme l’espérance de vie ou l’environnement. Il ne se réduit pas à tels ou tels agrégats monétaires ou à des indicateurs de production ou de revenus. »
« La croissance découle de cette démarche. C’est elle qui traduit le progrès. La croissance, c’est ce qui a été créé quand on retire tout ce qui a été supprimé ou détruit. »
Chapitre 5
L’ECOLOGIE
« L’écologie constitue une formidable opportunité pour nos économies : la transition écologique est une contrainte positive, promouvoir le développement durable reste une formidable chance. »
Chapitre 6
LA GOUVERNANCE EUROPEENNE ET MONDIALE
LE DECLASSEMENT DE L’EUROPE
« C’est la France qui a le plus à pâtir de ce déclassement de l’Europe. L’Allemagne a ce qu’elle voulait. L’Union est élargie et le grand marché est l’espace qui lui assure ses excédents. Or la France est en doute par rapport au projet européen. Le temps du gaullisme est loin: une petite Europe qui permettait à la France de croire à sa grandeur, celui de l’utopie monétaire de François Mitterrand aussi. »
LA GOUVERNANCE EUROPEENNE
« Le débat sur l’Europe fédérale ou intergouvernementale est derrière nous. En revanche ce qui est devant nous, c’est la capacité de l’Europe à décider. »
L’AFGHANISTAN
« Nous devons désormais tirer les conséquences de la conférence de Kaboul de juillet 2010 par laquelle la communauté internationale a apporté son soutien à l’objectif du président Hamid Karzaï d’assumer la sécurité du pays d’ici à la fin de 2014. Cela devrait désormais être la position de la France qui devrait donc entamer un retrait de ses troupes d’Afghanistan d’ici à la fin de 2014. »
LE DEVELOPPEMENT
« Nous devons passer de la politique de l’aide au développement à celle du développement partagé. Ce dont ont besoin les pays du sud ce n’est pas d’une allocation universelle mais de partenariats renforcés construits autour de projets communs. »





