Stéphane Le Foll a critiqué mercredi la stratégie de rassemblement mise en oeuvre par Olivier Faure pour
prendre la tête du parti, qui l’expose selon lui à rencontrer « très vite des problèmes de cohérence » politique.
« On est dans un grand rassemblement où on va avoir très vite des problèmes de cohérence, entre des
gens qui étaient des soutiens de Manuel Valls, d’autres qui étaient des soutiens de Martine Aubry, voire
certains qui pouvaient être frondeurs. C’est bien de rassembler, mais sur quelle ligne ? », a déclaré M. Le
Foll au cours d’une conférence de presse.
Pour l’ancien ministre de l’Agriculture, lui aussi candidat au poste de premier secrétaire, « Olivier Faure c’est
le renouvellement mais du statu quo (…) On ne cherche pas à clarifier ce qu’on pense, on se rassemble
d’abord ».
Olivier Faure a obtenu dans sa course pour diriger le PS le soutien de la maire de Lille Martine Aubry, de
l’ancien député vallsiste Philippe Doucet, ou encore de Valérie Rabault, une des chefs de file de la motion
« La Fabrique » au Congrès de Poitiers en 2015.
Pour M. Le Foll, « il faut qu’on soit rassemblés mais dans la clarté. Il faut qu’il y ait une minorité et une
majorité (…) La minorité doit être respectée parce qu’elle est là pour stimuler le débat. (…) Et il faut qu’il y
ait une majorité qui puisse être clairement identifiée et qui donne au parti socialiste une voix qui est
entendue chez les Français ».
« Olivier, son texte (d’orientation, NDLR) ne dit rien. Parce que, lorsqu’on est pris entre d’un côté des
vallsistes et de l’autre côté des gens qui ont été des frondeurs, comment on fait pour tenir les deux bouts
de la chaîne ? Le parti socialiste a besoin d’une voix cohérente. Un nouveau visage c’est bien. La priorité
c’est d’avoir une ligne politique », a renchéri à ses côtés Olivia Polski, adjointe de la maire de Paris.
Interrogé sur le fait qu’il n’ait pas eu d’adversaire LREM aux législatives – ce qui lui est parfois reproché -,
M. Le Foll a invité chacun à ne pas entrer dans « ce genre de débat ». Son entourage a souligné que l’ancien
député Romain Colas, qui « a demandé l’investiture En Marche » aux législatives, fait désormais partie de
l’équipe de M. Faure.
Dans une interview au Parisien en mai 2017, M. Colas avait réfuté avoir fait acte de candidature auprès de
LREM, même s’il avait été « approché par En Marche » et s’était dit « disponible » à condition de ne pas quitter
le PS. Il avait finalement dû affronter Marie Guévenoux.
sl/lum/phc

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