par | 9 Jan 2018

Stéphane Le Foll « J’ai décidé de relever le défi »

« Le Maine Libre » : Après votre tribune « Pour l’avenir, je choisis Jaurès » en novembre votre réflexion a-t-elle avancé ? Êtes-vous candidat au poste de premier secrétaire du Parti socialiste ?

Stéphane Le Foll : « J’avais dit que je prendrais une décision concernant l’avenir du Parti socialiste entre décembre et janvier 2018. Najat Vallaud-Belkacem a pris sa décision que je respecte. Nous avons servi ensemble dans les mêmes gouvernements et je salue son engagement car nous aurons besoin d’elle. Je suis fidèle à la fois aux valeurs du socialisme français, aux militants qui vivent des moments difficiles, ainsi qu’à mon département de la Sarthe. J’ai donc décidé de relever le défi, ou plutôt les défis qui sont face à nous, en présentant un projet devant les militants. »

Les défis sont nombreux : le PS fait face à une double défaite, présidentielle et législatives. Il est exsangue, inaudible aux oreilles des Français.

« J’ai connu des victoires ainsi que des moments de doute et de défaite, mais je suis toujours resté fidèle à mon engagement politique. Le socialisme français a une histoire et je pense qu’il a un avenir. La présidentialisation des institutions actuelles sous Emmanuel Macron met à mal les partis dits « traditionnels ». Il faut donc être capable de faire évoluer le Parti socialiste et de l’adapter à ce nouveau contexte. »

Les partis traditionnels ne sont donc pas morts ?

« Non, les partis « traditionnels » ne sont pas morts, la démocratie en a besoin. La démocratie française a besoin d’un parti de gauche de gouvernement. Il y a donc aujourd’hui quelque chose à réinventer. Il faut que le Parti socialiste soit plus ouvert, que la parole des militants soit plus souvent sollicitée. Il faut rassembler au sein du parti et ensuite au sein d’une fédération de la gauche, des écologistes de gouvernement. »

Cela en exclut certains à gauche

« Oui, cela exclut ceux qui disent qu’il faut tout changer en arrivant au pouvoir. L’exercice du pouvoir c’est être capable de donner du temps au changement. On ne brusque pas une société. »

La social-démocratie a encore un avenir ?

« Il faut réinventer un internationalisme social-démocrate. On ne peut  pas traiter les grandes questions écologiques, la question de la mondialisation, les questions de l’évasion fiscale, ou celle des inégalités sociales et patrimoniales sans prendre en compte la dimension internationale. Ce sont des débats idéologiques qu’il faudra mener. D’autre part, les projets  de réforme institutionnelle proposés par le gouvernement Macron se limitent à diminuer le nombre de députés et sénateurs de 30 %, à affaiblir les corps intermédiaires et la démocratie sociale. Cette conception du rôle du Parlement et des élus conduira inexorablement à un affaiblissement de l’espace démocratique et à un déséquilibre des pouvoirs. Les socialistes doivent prendre toute leur place dans ce débat démocratique. »

Entre la gauche de la France insoumise et Emmanuel Macron, le PS a une place ?

« La France insoumise a une approche très souverainiste et c’est une erreur. Pour moi, être de gauche c’est d’abord être internationaliste et donc européen. C’est un point essentiel. Le risque aujourd’hui pour la démocratie, c’est le basculement vers le nationalisme et le souverainisme. Ainsi, l’exemple de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir est suffisamment éclairant. »

Certains de vos adversaires, au PS, vous accusent d’être « macron-compatible »

« Ce sont des arguments très politiciens. J’ai eu l’occasion et je ne l’ai jamais dit pendant le quinquennat de François Hollande, de ne pas être d’accord avec des choix qui avaient été faits, en particulier par Emmanuel Macron. En tant que ministre, je suis resté loyal jusqu’au bout et je n’en ai jamais fait état. Car gouverner ce n’est pas facile et ceux qui se laissent aller à des états d’ames ne sont pas dignes des fonctions qu’ils occupent. » « La légitimité que j’ai, je la tiens de mon ancrage local, en Sarthe. Depuis 1958, il n’y avait jamais eu d’alternance dans ma circonscription détenue par Joël Le Theule puis par François Fillon jusqu’en 2012. Je n’ai jamais changé de lieu ni de valeur. J’ai toujours été fidèle au Parti socialiste et je tiens à ces valeurs. »

Sur quoi, par exemple, n’êtes-vous pas d’accord avec la politique du gouvernement actuel ?

« Je suis dans l’opposition, j’ai voté contre le budget qui est favorable aux plus riches et injuste pour les classes moyennes et populaires. Je considère par exemple que les choix fiscaux décidés par Emmanuel Macron sur l’ISF et sur la fiscalité du capital vont continuer à creuser des inégalités patrimoniales. »

Comment allez-vous mener cette campagne jusqu’au congrès du PS ?

« J’ai présenté un texte intitulé « Je choisis Jaurès », je vais aller à la rencontre des militants comme je le faisais déjà quand j’étais ministre. On a besoin de retrouver collectivement une boussole et une organisation politique claire et structurée. Je vais mener une campagne en toute sérénité. Je répondrai aux attaques mais je n’en porterai pas. Je suis déterminé et serein pour relever ce défi. »

Il y a un risque de candidatures multiples : Julien Dray, Jean-Luc Carvounas, Rachid Temal, Christian Paul…

« Je laisse chacun faire ses choix en conscience. Je ne porterai aucun jugement. Ce sont les militants qui choisiront. »

Vous ne craignez pas que votre expérience de cinq ans au gouvernement soit aujourd’hui un handicap ?

« Je ne pense pas que les électeurs reviendront vers nous si nous renions ce que nous avons fait. Nous sommes dans une nouvelle étape et nous pouvons, avec l’expérience qui est la nôtre, repenser un projet politique. On n’est pas lié au quinquennat, on ne le renie pas non plus, on doit être maintenant capable de tirer les conclusions, de voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. On doit être lucide. »

Vous avez été réélu député de la Sarthe en juin 2017. Si vous êtes désigné à la tête du PS en mars prochain, on ne vous verra plus ici ?

« Je suis resté ici quand j’étais ministre. Il n’y a aucune raison pour que cela change. Mon histoire et mes attaches sont ici. C’est important en politique d’avoir des attaches. Je suis Sarthois et je le resterai. »

Quel rôle jouerez-vous aux élections municipales du Mans en 2020 ?

« Les élections municipales seront un enjeu spécifique en 2020, au niveau national et bien sûr en Sarthe et au Mans. Les Sarthois pourront toujours compter sur moi. »

Propos recueillis par Serge DANILO pour le Maine Libre.

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