Par Philippe-Michel Thibault

J’ai décidé de soutenir Stéphane Le Foll parce que je suis un rocardien historique. Vous ne me connaissez pas ou si peu. Je me présente à vous brièvement.

J’ai rejoint Michel Rocard en 1975. Je l’ai connu au comité de rédaction de la revue « Faire ». Plus tard, en 1986, j’intégrai son cabinet « shadow » et fus chargé de rédiger les argumentaires pour les clubs « Convaincre ».

Durant les quatorze dernières années de la vie de Michel Rocard, je fus très proche de lui et nous avions, au cours de nos nombreuses conversations, des échanges politiques passionnants. Alors que nous dissertions sur les difficultés grandissantes de la présidence de François Hollande, nous évoquions les membres du gouvernement.

A plusieurs reprises, au fil des années du quinquennat « Hollande », il pointa le talent de Stéphane Le Foll et me dit : « Stéphane Le Foll est un très bon ministre de l’agriculture ». Michel Rocard savait de quoi il parlait puisqu’il le fut aussi.

La première fois, je lui demandai : « Penses-tu que Stéphane Le Foll est un homme d’Etat ? » Michel me répondit : « Oui, il est un homme d’Etat, sans aucun doute. C’est une  révélation ! »

Je tiens à disposition des esprits chagrins mes notes de l’époque. Car j’avais conscience, quand je m’entretenais avec lui, que je flirtais avec l’histoire avec un grand « H », à défaut de la fabriquer.

En tant que rocardien et repensant à la déclaration de Michel Rocard, il est donc une évidence pour moi que Stéphane Le Foll doit être notre prochain Premier secrétaire. Ce n’est pas seulement parce que Michel Rocard l’appréciait mais parce que le Parti socialiste a besoin de son expérience d’homme d’Etat, de sa notoriété, de sa loyauté, de son courage politique et de son ouverture d’esprit. Oui, son ouverture d’esprit qui signe, en ces circonstances cruciales pour notre Parti, une volonté de rassemblement !

Stéphane vient de la première gauche et moi de la seconde. Il a compris que le rocardisme est l’avenir de la gauche socialiste et au-delà. Qui n’est pas rocardien, à gauche, aujourd’hui ? Excepté les dinosaures de la gauche archaïque ? Stéphane m’a fait le plaisir de me dire qu’il « a besoin d’un vrai rocardien dans son équipe de campagne », alors qu’il ignore, au moment où j’écris ces lignes, ce que Michel Rocard disait à son sujet.

Michel Rocard avait repris à son compte dans son dernier livre « Suicide de l’Occident, suicide de l’humanité ? », ainsi  que dans de multiples tribunes et débats, le thème de l’autogestion. Pour lui et les rocardiens, l’autogestion est l’avenir du socialisme de ce siècle naissant. C’est par l’autogestion que nous réaliserons le « socialisme, la République poussée jusqu’au bout », si cher à Jean Jaurès. D’autant que, si l’autogestion a toujours été l’apanage de Michel Rocard, Pierre Mendès-France souscrivait à ce concept profondément socialiste.

Stéphane Le Foll est le plus à même de refonder notre Parti, de rassembler les forces progressistes, de redonner un élan à l’Internationale Socialiste et un sens au socialisme. Voilà pourquoi je soutiens sa candidature pour notre Congrès d’Aubervilliers.

Les signataires :

Yvon Sellier, Valentin Ratel, Robert Mauss.

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